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Mes
morts il faut croire
Etaient des gens pressés
Pour partir plus vite certains
Ont même fait des efforts
Comme celui qui buvait
Et lorsqu'il avait bu
Tombait, se cognait fort
Quand il était ý terre
Il ne se relevait plus
Et insultait les morts
Ils
me sont chers mes morts
Ils
me sont chers mes morts
Mes morts ces distraits
Oublient qu'ils sont morts
Et reviennent souvent, à l'heure où l'on dort
Ils savent qu'on a tout
Tout à leur prouver
Qu'on les écoute encore
Et qu'à nous conseiller
Quitte à nous peser
Au fond ils sont moins morts
Mes morts ont des jours
Qui leur sont réservés
Et se vexent si l'on oublie, s'ils pensent qu'on les ignore
Alors, il y a des soirs de bougies
De rideaux tirés, de chagrin retors
Des soirs où les vivants vivent pour les absents
En se serrant plus fort
Dormez
bien mes morts, dormez bien
Nicolas Falez (V2 Publishing)
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