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le journal   Le Journal de la tournée Tchin Tchin (suite)
 


C'est le retour des trajets en camion, des yeux fatigués, des engueulades pendant la balance, des moments de bonheur pur sur scène, des fous-rires dans les loges, des amplis à charger et à décharger sous la pluie, des stations-services d'autoroutes, des petits-déjeuners d'hôtels, des visages amis qu'on ne reverra pas de sitôt ...c'est la suite du Journal de la tournée.

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   l'avant

" Les croque-morts aussi ont droit au sandwich dégueu" 

Sur la route. 13.03.2001. Paris > Toulouse
 

Fin de la première pause dans une station-service, ça me fait penser à la séquence d'ouverture de Sous le sable de François Ozon, vu et adoré avant-hier. Drôle de coïncidence : en sortant on aperçoit un corbillard garé à deux pas de notre camion. Sous les monceaux de fleurs à l'arrière, probablement un cercueil. Les croque-morts aussi ont le droit de bouffer leurs sandwiches dégueus avant de reprendre la route. Bon voyage.
Nico


" Et trois jeunes femmes en peignoirs et nuisettes arrivent sur scène et s'aspergent copieusement de yaourt liquide" 


after show

L'après-concert
vu par Gauthier

 

Sur la route. 15.03.2001. Toulouse > Rennes (jour off)
 

Hallucinante soirée toulousaine, où l'on faisait la première partie des Little Rabbits, au Bikini. Ce qu'on ignorait, c'est qu'ils viendraient avec des invités. Et quels invités ! D'abord : Joël Hubeau, le plasticien auteur de la pochette de leur dernier album. Il arrive sur scène coiffé d'oreilles de lapin et avec un rongeur en peluche coincé dans la ceinture. Il se lance alors dans une improvisation à base de cris et de borborygmes, accompagné par une partie des Rabbits aux clavier, platine et à la batterie. C'est déjà bien barré mais ça s'aggrave quand trois jeunes femmes en peignoirs et nuisettes roses arrivent sur scène et s'aspergent copieusement de yaourt liquide. Vision. Ce n'est pas fini : arrivent ensuite " BB et Serge " duo américain tout aussi déjanté. Perruques pour les deux, veste à carreaux pour lui, combinaison moulante pour elle. Ils chantent sur des bandes enregistrées façon crin-crin et mélangent disco, ragtime, hip-hop, rock et punk avec une décomplexion étonnante. Le tout avec une gestuelle et des chorégraphies glamour-trash... C'est beau.Suit un chouette concert des Rabbits. Belle soirée vraiment. Dans les heures qui suivront Gauthier tentera - non sans succès - de glaner un maximum de photos de lui avec BB. Il parvient même à convaincre le copain de celle-ci (un sosie de Thurston Moore) de les photographier alors qu'ils s'embrassent sur la bouche. Pas jaloux le copain, balèze le Gauthier. Ce matin le soleil brille et l'autoroute est quasi-déserte. Tout le monde est calme dans le camion et tente de récupérer après cette soirée épique. Sinon je suis assez content du concert d'hier, le dernier sans Seb puisqu'il nous rejoint demain à Rennes, histoire qu'on fête ensemble sa paternité récente. Il me manquait quelqu'un d'autre hier au Bikini : Adam des Mercury Rev. Je m'attendais bêtement à le voir surgir dans la loge avec son petit carnet pour noter nos prénoms ou de nouveaux mots français. Comme il y a deux ans quand nous avions entamé à Toulouse une série de dates mémorables en première partie desdits Mercury Rev. Nostalgie. Aujourd'hui Adam a quitté le groupe (en bons termes), il travaille ses chansons chez lui à Kingston (état de New York). Il vient de temps en temps à Paris, à la maison. Là il me manque..
Nico


" Daniel Darc m'a embrassé sur les deux joues" 


after show

L'après-concert
vu par Gauthier

Dans un café. 16.03.2001. Rennes
 

Il y a tout ce que je n'ai pas eu le temps ou l'occasion ou le courage d'écrire ces dernières semaines :
a.. Daniel Darc était dans la salle lors du premier des deux concerts au Lavoir Moderne, début février. On nous a présentés et on devait avoir l'air bien timides tous les deux. Il a rendu fou de joie l'auteur de ces lignes en disant tout le bien qu'il pensait de Superflu. Il m'a même embrassé sur les deux joues. Souvenir : c'était en 1994 ou 95, il était passé à la FNAC de Lille pour présenter son dernier album Nijinski, je lui avais donné une K7 du groupe qui allait devenir Superflu.
b.. Je trouve qu'on a de la chance de bosser avec Olivier ou Robin au son, avec Grand ou Arnaud au backline, avec Jérôme à la trompette et à la clarinette... Peu ou pas de mauvaises rencontres depuis le début de cette histoire.
c.. Du côté du groupe comme du côté des techniciens, l'équipe est assez fluctuante ces temps-ci. Ca fait vraiment " fanfare ".
d.. J'ai l'impression que tout le monde fait des efforts. Il y a des engueulades et des coups de bourdon mais l'ambiance et nettement moins orageuse que lors de la première tournée. Peut-être parce que commercialement Áa rame un peu sur le deuxième album. On serre les coudes.
e.. Jérôme nous a appris un jeu : il fait imaginer le concert d'un groupe X dans une ville Y avec un lien entre X et Y. Exemple : " La Mano Negra à Gand ". Evidemment les panneaux indicateurs sur la route nous inspirent, de même que les affiches de concerts dans les salles que l'on visite. Suit une série de trouvailles plus ou moins fines : Abba à Rungis, Compay Segundo à Treffieux, Sparklehorse à Rennes...

Nico


" Autant boire des coups avant.." 

Sur la route. 17.03.2001. Rennes > Maurepas
 

La fatigue se fait sentir. Il faut dire qu'on s'est un peu couchés à 4 heures du matin. Il fallait bien fêter plusieurs choses : a.. le retour de Seb parmi nous b.. la naissance de Lorette, sa fille c.. la présence de Jérôme d.. le fait d'avoir fait tenir 7 personnes (Superflu + Jérôme donc) dans un aussi petit endroit que le Dejazey (le club où on jouait) e.. la présence de Yann Tiersen, Olivier Mellano (guitariste chez Dominique A et Françoiz Breut) et Philippe Lebruman (The Married Monk) pas vus depuis longtemps f.. l'incroyable générosité du patron de l'établissement g.. la probable victoire de la gauche aux élections municipales à Paris. C'est pas gagné alors autant boire des coups avant.
Nico


" Même Gilles était franchement en pétard" 

A la maison. 18.03.2001. Paris
 

Songs of Love and Hate de Leonard Cohen sur la platine. Un peu déçu du concert d'hier à Maurepas. Le début a été assombri par des problèmes techniques : pas de son au clavier, énorme grésillement dans les retours et un niveau de violon à réveiller les morts. Dur. Après on est retombés sur nos pattes mais la fatigue accumulée ne nous pas permis de prendre la distance nécessaire avec ces incidents contrariants. Gilles était même franchement en pétard ce qui ne lui ressemble pas. Dommage, j'aurais bien aimé que le dernier concert " avec trompette et clarinette " soit nickel (en fait Jérôme viendra encore avec nous à Marseille mais là c'est Gauthier qui sera absent). Debriefing, rangement du matos, camion jusqu'à Paris, déchargement et dodo. Putain déjà 3 heures du matin. Je n'ai vu Véro que quelques heures : elle partait en voyage en Ecosse pour le boulot. On se croise beaucoup ces temps-ci. Il fait beau boulevard Voltaire. Ce soir, peut-être, Paris sera à gauche...
Nico


" Je cherche un adjectif moins con, je ne trouve pas" 


after show

L'après-concert
vu par Gauthier
Limoges. 23.03.2001. Retour vers Paris
 


Grosse fatigue, regards aux yeux cernés croisés où que l'on tourne la tête. Mais en même temps tout le monde se marre en regardant Spinal Tap sur la vidéo du camion (quand tous les véhicules pourris sont loués on en récupère un tout-confort. C'est plus cher mais c'est mieux). Philippe et Christian du Married Monk sont à bord, leur concert hier soir était vraiment-vraiment super (je cherche un adjectif moins con, je ne trouve pas). On jouait juste avant eux. J'ai bien aimé la salle (Le Grand Zanzibar, un club chaleureux dans une zone un peu floue, entre hangars et terrains vagues au bord de la rivière). Bien aimé aussi les gens de l'asso qui organisait le festival et puis des gens adorables rencontrés après le concert. Un peu approximatif, le concert : Seb (jeune père, faut-il le rappeler...) n'avait pas pu venir et Jérôme était indisponible pour le remplacer. Mais bon, les gens avaient l'air assez contents, alors... C'est curieux d'ailleurs, il y a toujours deux critères très différents pour juger un concert : la qualité musicale du truc et la réaction du public. On a déjà vautré des concerts entiers sous des acclamations chaleureuses et réussi des sets rigoureux et bien sentis devant des assistances mornes. Enfin, si on savait à l'avance comment ça va se passer, on resterait à la maison.

Nico

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